Worbz

une sérieuse tendance à la curiosité

Au cinéma comme ailleurs, l'indépendance a un prix

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Photo Luc Daubin

Même si on l’appelle le 7ème art, le cinéma est également une industrie comme les autres, où la rentabilité vole souvent la vedette à la créativité. Des sociétés de production paient très cher leur indépendance.

« Faire des films indépendants est très difficile aujourd’hui. Les majors sont trop puissantes. Avant, il existait des lois contre les monopoles. Mais plus maintenant », regrette Lloyd Kaufman. Son indépendance, le réalisateur, producteur et scénariste américain la paie chaque jour depuis 35 ans. Il dirige la plus vieille société de production indépendante américaine, Troma. Son créneau, c’est la satire gore. Un genre très peu rentable.

« Aujourd’hui, c’est très dur d’exister. Dans les années 70 ou 80, il y avait davantage de compétitions. Les films indépendants pouvaient atteindre leur public, et figuraient sur les panneaux du Carlton. Aujourd’hui, il m’est presque impossible d’avoir des salles, sauf si c’est moi qui réalise », explique Lloyd Kaufman. La faute au circuit de distribution américain, tenu par les très puissantes majors. « On nous empêche d’avoir une visibilité, alors qu’il y a un public pour Troma », déplore-t-il.

Pourtant, les chiffres parlent d’eux mêmes. Citizen Toxy a été écoulé à 200 000 exemplaires. Mais ce film, populaire pour un film de ce genre, ne passera jamais à la télévision. « C’est pourtant un passage obligé si on veut générer du profit », reconnaît le cinéaste. En France, le cinéma dépend en grande partie des subventions, « attribuées sur des critères politiques », précise Lloyd Kaufman.

Troma est plus célèbre que jamais. Une comédie musicale inspirée d’un film Troma s’est montée à Broadway. Et des producteurs commencent à s’intéresser à certains de leurs films. Un remake de Brett Ratner est d’ailleurs dans les tuyaux. Lloyd Kaufman est aussi président de l’Independant Film & Television Alliance, qui regroupe toutes les sociétés indépendantes américaines. Dans son dernier livre, il pousse les jeunes réalisateurs à suivre d’autres routes que le circuit traditionnel. « Mais c’est très difficile », prévient Lloyd Kaufman.


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